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Les femmes du numérique au cœur d’un véritable enjeu économique

Publiée le 29 avril 2015 dans Édition 2015


Le constat

 

Le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) emploie toujours trop peu de femmes au niveau européen. La part estimée des femmes dans les métiers du numérique à ce jour est de l’ordre de 25% en Union européenne et elle se réduit assez sensiblement en fonction de l’avancement hiérarchique.

 

D’après le constat accablant que dresse une étude de la Commission Européenne publiée fin 2013, les jeunes femmes s’orientent peu vers ce domaine et elles sont encore moins à y faire carrière : sur « un total de 1 000 femmes ayant une licence ou un autre diplôme de premier cycle, seules 29 sont titulaires d’un diplôme en technologies de l’information et des communications (TIC) (contre 95 hommes), et seules 4 travailleront effectivement dans ce secteur »¹.

 

Par ailleurs, les femmes seraient sous-représentées aux postes d’encadrement et de décision, phénomène de société non nouveau mais à un degré encore plus élevé dans ce secteur. En effet, seulement « 19,2 % des travailleurs du secteur des TIC ont une femme pour chef, contre 45,2 % des travailleurs d’autres secteurs »¹.

 

L’enjeu économique

 

Cependant, si la forte disparité entre hommes et femmes qui existe aujourd’hui en termes d’emploi dans le numérique venait à fortement diminuer voire même disparaître, cela aurait un impact plus que positif sur l’économie européenne. Toujours selon la même étude, cela se traduirait par « une augmentation du PIB européen d’environ 9 milliards d’euros par an »¹.

 

Le secteur du numérique en tirerait assurément profit puisque « les organisations qui intègrent plus de femmes aux postes d’encadrement affichent une rémunération des capitaux propres supérieure de 35 % et une rentabilité totale pour l’actionnaire supérieure de 34 % aux autres organisations de nature comparable »¹.

 

Pourquoi si peu de femmes travaillent dans les métiers du numérique ?

 

Cette situation peut s’expliquer de plusieurs manières : les traditions culturelles et les stéréotypes, des barrières internes et des facteurs socio-psychologiques, ainsi que des entraves extérieures et des spécificités propres aux TIC (Technologies de l’information et de la communication).

 

C’est bien connu, les stéréotypes sont faits pour durer. On n’est donc plus surpris d’entendre dire que les métiers du numérique sont associés à des termes peu envieux tels que « solitaires », « geek », « ennuyeux », « masculins », « asociaux » ou encore qu’ils ne permettent pas de facilement concilier vie privée et professionnelle.

 

Mais ce n’est pas tout, bien loin de l’idée que les hommes ne veulent pas voir les femmes débarquer dans ce milieu et malgré un réel effort des entreprises pour mixer leurs effectifs, les candidates sont encore trop rares à l’heure actuelle.

 

C’est un fait que souligne Viviane Chaine-Ribeiro, PDG de Talentia Software (éditeur de logiciels de gestion d’entreprise) et Présidente de la Fédération Syntec : « On ne pourra pas améliorer les choses à court terme. Pour des postes d’ingénieur, développeur, consultant, je reçois neuf CV d’hommes pour un de femme. Car non seulement le nombre de femmes dans les écoles d’ingénieurs n’augmente pas mais il est en régression »².

 

Alors comment remédier à ce désamour des femmes pour le numérique ?

 

Tout d’abord, il s’agit de redorer l’image du secteur auprès des femmes et de la société, grâce à des mesures visant à faire connaître les thèmes du numérique les plus attrayants pour les jeunes femmes. Cela passe notamment par une sensibilisation qui doit démarrer très tôt à l’école et dans les collèges afin d’expliquer les métiers avec un langage approprié, mobiliser les parents et former les conseillers d’orientation.

 

De plus, les femmes qui travaillent déjà dans le numérique doivent en être les porte étendards en exposant leur expérience, leur richesse et diversité de carrière. Concept qui n’est autre que l’une des missions quotidiennes de la commission Femmes du Numérique du Syntec Numérique ainsi que le fer de lance du Trophée excellencia. Et qu’approuve Viviane Chaine-Ribeiro elle-même : « il faut donner des modèles aux jeunes filles, mettre en avant de jeunes entrepreneuses qui les incitent à oser »².

 

Ensuite, des actions doivent être effectuées afin d’augmenter le nombre de femmes disposant d’un statut cadre au sein des entreprises du numérique et gommer les inégalités en mettant en lumière les meilleures performances des entreprises qui emploient des femmes.

 

Enfin, il est bon de rappeler qu’aujourd’hui, « il y a environ 900 000 postes vacants dans le secteur du numérique au sein de l’Union Européenne »¹. Une demande si élevée devrait pouvoir assurer de trouver un emploi assez facilement pour une jeune femme. De plus, il apparaît aussi pertinent de relayer le fait que les femmes qui travaillent dans ce secteur « gagnent près de 9 % de plus que celles employées dans d’autres secteurs de l’économie »¹, ce qui suppose un pouvoir d’achat plus important.

 

Trophée excellencia 2015

 

Fort du succès de l’édition 2014, Femmes du numérique Commission de Syntec Numérique, renouvelle l’organisation du Trophée excellencia en partenariat avec Pasc@line afin de promouvoir les métiers du numérique auprès des jeunes femmes.

 

Il est possible de candidater jusqu’au 29 mai 2015 à 23h59 sur www.excellencia.org/candidatez.

 

 

Sources

 1 : COMMISSION EUROPEENNE, «Stratégie numérique: accroître la présence des femmes dans le secteur de l’économie numérique de l’UE permettrait d’augmenter de 9 milliards d’euros le PIB annuel, selon une étude de l’UE », < http://goo.gl/HDfudw>, 2013.

2 : ALLIANCY, « Numérique – Où sont les femmes ? », <http://goo.gl/kqLHCh >, 2013.