Interview de Corinne Bréchoire et Joël Courtois, responsable événements et directeur général de l’EPITA

Publiée le 2 octobre 2014 dans Actualités,Édition 2014,Non classée


Après huit années dans l’univers du luxe, Corinne Bréchoire intègre le groupe Ionis et spécifiquement les écoles technologiques depuis maintenant douze ans.

Doctorant en informatique, Joël Courtois a travaillé un temps dans l’industrie puis a fait carrière dans l’enseignement supérieur jusqu’à devenir directeur général de l’EPITA.



Pourquoi vous investir dans le sujet des femmes du numérique ?

Corinne Bréchoire : En douze années, je n’ai pas vu le nombre de filles croître sur le campus. Pourtant nos élèves ingénieures s’épanouissent et réussissent. Alors pourquoi n’y en a-t-il pas plus qui osent ?

Joël Courtois : L’EPITA s’est investi dans des actions autour de la promotion des métiers du numérique auprès des femmes pour deux raisons principales : la très forte demande des entreprises pour le recrutement de femmes dans le domaine du numérique. La première raison est elle-même liée à la seconde, qui est que dans un monde où tout devient numérique, on ne peut imaginer qu’il ne soit bâti que par des équipes d’ingénieurs hommes. L’équilibre hommes-femmes dans la conception de notre environnement numérique doit être la préoccupation de tous.



Pourquoi vous investir personnellement ?

C. B. : Je pense que l’équilibre apporterait un vrai plus pour tous, avec encore plus de belles idées à la clé.

J. C. : Il y a un rôle social à jouer dans cette action.



Pourquoi l’EPITA est-elle partenaire ?

J. C. : Aujourd’hui l’EPITA se positionne comme la première école dans les domaines des ingénieurs du numérique. Elle est donc la mieux placée pour constater à quel point il est nécessaire de briser ce syndrome français qui semble interdire aux femmes de s’impliquer dans ces carrières passionnantes.



Quelles sont les actions à mettre en œuvre pour féminiser la profession ?

C.B. : Mieux faire connaître les métiers qui sont en évolution permanente auprès des jeunes.

J. C. : Je ne pense pas qu’il y ait d’action spécifique à mettre en œuvre. La profession est prête à être féminisée. Ce qu’il manque ne sont pas les postes à pourvoir mais les femmes à motiver pour rejoindre ces carrières.



En quoi le Trophée excellencia est-il important pour faire bouger les lignes ?

J. C. : Le Trophée excellencia a pour objet de casser les stéréotypes attachés aux métiers des ingénieurs dans le numérique, susceptible de détourner les jeunes filles de ces carrières. En montrant que l’on peut à la fois brillamment réussir sa carrière professionnelle et simultanément mener des projets associatifs et entrepreneuriaux, nous voulons démontrer que ce sont des métiers ouverts pour des gens curieux et que les femmes y ont tout à fait leur place.

Qu’est-ce qui vous tient particulièrement à cœur dans ce projet ? C. B. : De voir de plus en plus de jeunes femmes s’épanouir et réussir à nos côtés.

J. C. : De voir les lignes bouger et de féminiser notre école !



Qu’est-ce qui vous a séduit et a été déterminant dans les parcours présentés ?

C. B. : La détermination et l’enthousiasme des jeunes femmes.

J. C. : La motivation des candidates, leur volonté de faire reconnaître cette passion qui montre bien que celles qui sont déjà dans le métier ont envie elles aussi de voir les choses bouger.