Stéphane Dahan

Focus sur ALTEN, notre partenaire



 

Interview de Stéphane Dahan, Directeur du recrutement chez Alten

 

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Trophée excellencia : Pouvez-vous nous présenter votre société ? 

 

Stéphane Dahan : Alten est une société d’ingénierie et de conseil en technologie qui compte 19 000 collaborateurs. Elle a été créée en 1980 et réalise plus de 1,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Nous intervenons sur l’ensemble des industries, des télécommunications et du tertiaire. Alten a également une activité de type ESN.

 

Trophée excellencia : Selon vous, que peut apporter la féminisation des métiers et de l’entrepreneuriat au secteur du numérique ? 

 

Stéphane Dahan : Je dirais déjà plus de monde, puisque sur les métiers du numérique, on est en pénurie de ressources et il est vrai que la gente féminine n’est pas très présente dans le paysage. Selon certaines études, il y a 50% de jeunes femmes en terminale S et on en retrouve seulement 18 à 20% dans les écoles, donc on a forcément perdu des candidatures à un moment donné. Le premier intérêt est d’avoir plus de monde dans ce secteur puisqu’il y a des offres d’emploi. Le métier est aussi trop masculin. Pourtant les femmes, dans un environnement de bureau d’études et d’innovations, apportent également un regard très intéressant. En effet nous parlons de plus en plus d’usages, il est donc important d’avoir autour de la table tous types d’usagers. Les femmes sont des utilisatrices non négligeables et elles ont une manière de réfléchir et une créativité qui sont toutes autres. D’ailleurs on le voit aujourd’hui, les entrepreneures du numérique s’emparent souvent de sujets d’usages auxquels les hommes n’auraient peut-être pas pensés. On parle du genre mais on peut également parler de l’âge. Je suis convaincu que les personnes expérimentées ont tout à fait leur place sur les mêmes sujets d’innovation en terme de création de service et d’usages.

 

 

Trophée excellencia : Pourquoi vous investir dans le sujet des femmes du numérique ? Qu’est-ce-qui vous a motivé dans le Trophée excellencia ? 
 

Stéphane Dahan : Nous employons des ingénieurs chez Alten. Chaque année, nous recrutons plus de 2 000 ingénieurs et notamment des jeunes. Force est de constater que nous avons peu de femmes alors même que c’est une population qui nous intéresse énormément. Nous nous devons d’accompagner les écoles d’ingénieurs dans leurs capacités à accueillir ces jeunes femmes et ainsi être en mesure de les recruter. Nous devons montrer que les métiers du numérique ne sont pas exclusivement masculins.

Nous accompagnons le Trophée excellencia pour motiver les collégiens et lycéens à débuter une formation numérique. Nous aurons ensuite la possibilité de les employer avec un niveau de salaire attractif : le secteur embauche autour de 30-34 mille euros, à 95 % en CDI et le taux de chômage y est très bas. Nous nous rendons compte chez Alten que nous ne pouvons pas en l’état actuel des choses recruter plus de femmes car il n’y en a simplement pas assez dans nos métiers. Pourtant elles prennent plus de responsabilités notamment grâce à leurs qualités personnelles et elles s’inscrivent sur du long terme. Si plus de femmes étaient formées je pense qu’elles prendraient une part plus importante dans l’entreprise. C’est notre devoir en tant qu’entreprise et employeur référents d’être présent dans les écoles pour les accompagner et valoriser ces métiers.

 

 

Trophée excellencia : Quelles sont les actions à mettre en œuvre pour favoriser la représentation des femmes dans les métiers du numérique ? Le Trophée excellencia en est-il un bon exemple ?

 

Stéphane Dahan : Le Trophée excellencia est un très bon exemple, puisque les écoles font un pas vers les jeunes femmes avec une possibilité d’obtenir une bourse. C’est également un travail au quotidien, notamment celui de l’Association Pasc@line qui fait la promotion de ce secteur auprès des lycéens et des collégiens mais aussi des parents qui ont une forte influence sur le choix des études de leurs enfants. Il est également important de toucher toutes les institutions, les enseignants mais aussi les conseillers d’orientation qui ne sont souvent pas assez équipés pour pouvoir orienter les jeunes vers la bonne filière. Nous faisons également beaucoup de vidéos sur les métiers du numérique avec l’Association Pasc@line. Il y a aussi une volonté avec Syntec Numérique de mettre en place des stages. Nous souhaitons nous mobiliser et mettre en place 10 à 15 000 stages dans nos entreprises pour montrer dès la troisième à quoi ressemble notre métier, qui est très valorisant et offre de belles carrières en France et au niveau mondial.

 

  

Trophée excellencia : Et vous personnellement, pourquoi avoir décidé de faire partie du Jury ?

 

Stéphane Dahan : Je suis plutôt un homme d’action ! D’abord, nous avons décidé d’être partenaire du Trophée excellencia parce qu’il est important d’agir et de ne pas se contenter de faire des constats. J’ai envie de faire connaissance avec ces candidates qui sont mes potentielles futures employées. Etre sur le terrain est primordial, aller à la rencontre des jeunes… Je fais d’ailleurs souvent des interventions pour leur expliquer le secteur et ses métiers. Au-delà des recrutements et de l’intérêt des entreprises, je pense que c’est un devoir quasi citoyen puisque nous sommes dans un pays d’innovations avec des compétences exceptionnelles. Nous avons un secteur qui recrute, c’est donc important de participer à l’évolution de notre pays. Ayant été personnellement en déficit d’orientation, j’aurais vraiment apprécié de rencontrer des professionnels pour me guider. La chance a fait que j’ai pu faire les bons choix, mais je pense que j’étais surtout fait pour être ingénieur. Je souhaite présenter aux jeunes les parcours et les intérêts de cette filière. C’est pour toutes ces raisons que j’ai souhaité m’investir dans le Trophée excellencia et intégrer le jury.

 

Trophée excellencia : Merci pour votre engagement à nos côtés.