Portrait de Joël Courtois

Focus sur l’EPITA, notre partenaire



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Interview de Joël COURTOIS, Directeur de l’ Epita

 

 

Trophée excellencia : Pouvez-vous nous présenter votre établissement ?

Joël COURTOIS : L’Epita est une grande école d’ingénieurs spécialisée dans le numérique. L’école accueille des étudiants post bac ou post classes préparatoires.
L’école propose deux années de prépa intégrée et des cycles ingénieurs dans toutes les spécialités du numérique : réseaux, sécurité, télécoms, intelligence artificielle, systèmes d’information, multimédia, etc.
L’école est très ouverte à l’international. Nous imposons au moins un semestre à l’étranger. Nous sommes la première école à avoir mis cela en place. Plus de cent étudiants étrangers sont intégrés à nos masters internationaux.
Nous proposons également un incubateur et un accélérateur d’entreprise. Cela a généré la création de plus de trente entreprises et cent emplois en deux ans.
L’EPITA comporte un Laboratoire de Recherche et Développement (LRDE), orienté sur la recherche fondamentale et un Laboratoire Système et Sécurité (LSE). Nos étudiants travaillent notamment pour les services étatiques. Ils sont très impliqués dans la défense.

 

Trophée excellencia : Selon vous, que peut apporter la féminisation des métiers et de l’entrepreneuriat au secteur du numérique ?

Joël COURTOIS : Nous souhaitons avoir une meilleure mixité à l’école pour répondre aux besoins des entreprises. La parité de concepteurs est une réponse au développement de l’entreprise.

 

Trophée excellencia : Pourquoi vous investir dans le sujet des femmes du numérique ? Qu’est-ce qui vous a motivé dans le Trophée excellencia ?

Joël COURTOIS : Nous souffrons d’un nombre insuffisant de jeunes étudiantes. Nous sommes dans l’incapacité de satisfaire les demandes des entreprises. Elles sont très demandeuses de talents féminins. La productivité et la qualité du travail sont meilleures lorsque les équipes sont mixtes.

De plus, le numérique a envahi tous les secteurs. Ce monde doit être bâti par des hommes et des femmes. Sinon, nous risquons de créer un monde sexiste. Les entreprises ont compris la problématique d’intégrer des sensibilités différentes.

J’ai été à l’origine de la création du Trophée excellencia en 2006 en partenariat avec la Secrétaire d’État à l’intégration et à l’égalité des chances Catherine Vautrin, Innov.Europe et Microsoft France. Nous avons décidé d’ouvrir le Trophée en confiant son organisation à Syntec Numérique.

 

Trophée excellencia : Quelles sont les actions à mettre en œuvre pour favoriser la représentation des femmes dans les métiers du numérique ? Le Trophée excellencia en est-il un bon exemple ?

Joël COURTOIS : Les femmes dans le numérique sont satisfaites de leur situation. Les métiers sont divers et les conditions de travail avantageuses. De plus le secteur est ouvert au monde entier. Le numérique permet des parcours riches.

Le problème se situe au niveau de l’image du secteur. Comment convaincre les jeunes filles de s’orienter vers ces métiers ? Où sont les aspects de non motivation ? Le premier critère est sûrement culturel. Le premier contact avec l’informatique se fait via les jeux. Les jeux rencontrent plus de succès auprès des hommes. Ce fait tend à disparaître grâce aux dernières évolutions technologiques, comme par exemple les tablettes.

Le second phénomène à combattre est sûrement l’orientation conseillée au niveau des collèges et des lycées. Guy Mamou-Mani, parrain de la promotion 2015 de l’Epita, nous a relaté des témoignages d’ingénieures femmes. Passionnées par l’informatique, certaines jeunes femmes ont échangé avec leur conseiller d’orientation. Certains leur ont proposé de suivre des filières d’aide comptable ou du secrétariat ! L’argument avancé étant le lien entre l’ordinateur et ces professions. L’ingénierie n’a pas été proposée.

 

Trophée excellencia : Et vous personnellement, pourquoi avoir décidé de faire partie du Jury ?

 Joël COURTOIS : Je fais partie du jury pour montrer l’importance de ce combat et notre implication.

 

Trophée excellencia : Que proposez-vous aux lauréates du Trophée ?

Joël COURTOIS : L’année dernière, nous avons financé l’intégralité de la scolarité de deux jeunes filles et offert une année d’études à une troisième lauréate. Cette année, le règlement a été adapté. Nous finançons un cycle par école. Notre démarche est de faciliter l’accès aux études.

 

Trophée excellencia : Merci pour votre engagement à nos côtés.